mercredi 27 août 2008

Perù es Perù...y Chile es Chile!!

Ca y est, voilà la suite de la leçon sur la "vida chilena", ses particularités et bizarreries décortiquées et analysée par la petite française que je suis...il n'est point question ici d'ethno-centrisme (jamais...oh grand jamais!!), mais d'un simple exposé de toutes ces petites choses du quotidien qui font le charme d'une année à l'étranger dans un pays si différent!!

Voyons ce que pourrais donner une de mes journée ici (on posera comme hypothèse de base que je suis végétarienne, et que j'ai, ce jour, besoin de faire quelques amplettes...):

Le matin, je me lève, pas très tôt, car les chiliens ne travaillent pas beaucoup à la fac et qu'en bonne étudiante étrangère je profite de mon année pour me défaire de cet mauvaise habitude qu'on appelle le réveil en prenant des cours qui commencent au minimum à 10h. Malgré cela, j'arrive en retard en cours, de 10 minutes. Pas de problème, ce n'est pas un regard noir ou un silence dérengant, mais au contraire un jovial "adelante" qui m'accueille. 1h10 après, soit 20minutes avant la fin théorique fin du cours, nous sommes libérés...

L'intérieur de la Casa Central, bâtiment de ma fac ou je suis pour la moitié de mes cours

Je vais déjeuner, en choisissant ce midi un petit restaurant proposant comme tous ici un menu pas cher et très fourni (le déjeuner étant le principal repas de la journée...). Je ne mange pas de viande et demande donc le plat végétarien. Après un pisco sour (alcool local agrémenté de citron qu'on sert presque systématiquement en apéritif), un peu de pain, une soupe, et une entrée (généralement une salade), que le serveur m'aura apporté successivement sans une minute entre chaque (il t'observe et t'apporte la suite dès que tu avales ta dernière bouchée, et ce même si ce n'est pas le cas de la personne qui t'accompagne...), le plat principal arrive: du poulet!!! Et oui, ici, le jambon et le poulet ne sont pas considérés comme de la viande, du moins pas d'un point de vue végétarien!!

Pour me consoler, je décide d'aller faire un tour au Ripley (équivalent local du printemps vendant toutes sortes de produits dans un immense magazin répartis sur 4 étages). Je dois avoir l'air perdue parmi tous ces jeans, car une vendeuse vient me demander si j'ai besoin d'aide: "Nessecitas ayuda hija?" (parenthèse pour les germanophones / vieux / nuls en espagnol: hija = fille au sens fille de ma mère). Ici, est-ce une fraternité ouverte, un amour des étrangers, un sans-gêne culoté ou une gentillesse déplacée, toujours est-il que appeler la première passante venue "mi corazon" (mon coeur) "mi nina" (ma petite fille) ou "mi hija" (ma fille), n'est pas inhabituel, voire très usité!

Mise à part un jean, j'ai aussi besoin d'un adaptateur. Je me dirige donc vers une petite boutique-qui-vend-de-tout-pas-cher (savon, ustensiles de cuisine, décoration, vêtements...). Je trouve mon bonheur. Une vendeuse vient me le prendre pour me le déposer à l'entrée et me laisser regarder tranquilement le reste du magazin. Quand j'ai fini mon petit tour, je retourne au comptoir. Là, l'aventure commence. Pour pouvoir retirer mon bien, je dois l'avoir payé (jusqu'ici rien d'anormal), mais je dois pour cela faire la queue à la caisse qui se trouve à l'autre bout du magazin, où on me donnera un tiquet (ici, on a une facture pour le moindre empanada acheté au coin d'une rue...) qui me donne le droit de revenir chercher mon sac plastique (oui, ici, tout comme le tiquet de caisse, on a la culture du sac plastique: on en a droit à un quoiqu'on achète, même un adaptateur minuscule!! La notion de développement durable n'a pas encore franchi la frontière chilienne, on s'en souciera surement dans quleques années quand il sera trop tard mais que le pays se sera développé...). C'est une troisième personne qui me donne mon sac plastique, et je me dis avec étonnement que son seul travail doit consister en cet activité aussi mal payée qu'ininteressante: mettre les affaires des clients dans des sacs plastiques! (qu'il y ait des étudiants qui le fassent au supermarché ou on achète généralement beaucoup de choses, passe encore, bien que leur seul revenu soit les pourboires qu'on leur donne, soutenant ainsi une forme de travail précaire malgré nous, mais alors pour un adaptateur!!!!) Toujours est-il que je ne comprends pas la logique de la division du travail chilienne. Ou plutôt si c'est très simple: "travailler moins pour travailler tous", multiplions les formes de travail précaire et notre taux de chômage ne pourra s'en porter que mieux!"

Bellavista con Condell

Mes paquets dans les mains, j'entreprends de rentrer dans mon chez moi. Je remonte la rue Pedro Montt bordée de magazins et autres tiendas, dernière rue à traverser et je suis presque chez moi. Le petit bonhomme est rouge. J'attends. On pourrait croire que je ne sais pas combien de temps je vais attendre. Que nenni. Si dans beaucoup de pays un compte à rebours annonce aux pietons combien de temps il leur reste pour traverser avant que le feu repasse au rouge pour eux, c'est ici l'inverse. A croire que les chiliens sont insuportablement impatients, on leur indique combien de temps il leur reste à poireauter sur le trotoir avant de pouvoir enfin traverser la chaussée!! 3-2-1, je peux passer sans risque (les micros (équivalent local des bons bus de la star rennaise) ont beau conduire n'importe comment, doubler sans cligno ni angle mort, ils respectent les feux rouges!). Je monte la rue Almirante Montt, mes mollets souffrent, j'observe avec dégout les poubelles éventrées par les chiens errants (si beaucoup de gens les accrochent en hauteur à des crochets prévus à cet effet, certains n'ont apparemment toujours pas compris le principe...), je croise peut être au passage un homme et son âne portant un chapeau (l'âne, pas l'homme), manque de me faire écraser par une voiture descendant la rue à tout vitesse...en marche arrière (ce à quoi évidemment je ne m'attendais pas parce que la rue est à sens unique et que je voyais donc ce qui arrivait en face!), puis de trébucher dans un trou-ni-de-poule inexpliqué comme on en trouve sur tous les trottoirs ici, et me voilà arrivée!

La Plaza Anibal Pinto, centre de la vie nocture de la ville, d'où part la calle Almirante Montt

Ma rue, la rue Papudo donc...

J'ouvre ma porte (ou devrais-je dire "j'entrouvre" puisqu'elle ne s'ouvre pas completement...?), je monte dans ma chambre. Là j'ai froid, car ma fenêtre de chambre ne ferme pas completement elle non plus. Je pourrais me dire "si je me prenais une bonne douche chaude pour me réchauffer". Mais je vis maintenant au Chili depuis 1 mois, je sais que l'eau chaude est partout capricieuse, et que la douche brulante est un luxe duquel je devrais me passer jusqu'à mon retour en France, ou du moins jusqu'à ce que je craque pour un appartement à Vina del Mar, ou le confort est bien là. Pas de douche donc, seulement hâte de me glisser ce soir sous mes (attendez je reflechis...1, 2, 3) sous mes 4 couettes (dont ma nouvelle couette rouge et smoutchy que j'adore!)!! Indispensable quand il fait en dessous de 0 dehors et que le chauffage n'est pas capricieux mais tout simplement inexistant!! Je me pose à mon bureau, allume mon ordinateur et entreprend d'écrire un petit article sur mon blog (car oui oui, je suis assidue!!). En cherchant l'inspiration, le regard en l'air (j'ai bien 3 ou 4 mètres sous plafond, il y a beaucoup d'air donc! et c'est facile à chauffer au passage!), quelle n'est pas ma surprise quand je tombe sur un champignon!!!! Oui oui vous lisez bien, un champignon dans ma chambre: assez grand, plat, marron, comme sur le tronc d'un arbre en forêt, mais à mon plafond. Je reflechis, comment est-ce possible? C'est tout simplement que c'est l'endroit ou il pleuvait un peu dans ma chambre l'autre jour, endroit humide donc...! N'allez surtout pas croire que je vis dans un taudis, ma chambre est vraiment devenue mon petit coin, je m'y sens bien, je l'ai décorée et me la suis appropriée comme il faut, mais on est au Chili, et c'est quand même très drôle d'avoir un coloc champignon non?!

Ma chambre nouvellement aménagée avec mon géant lit, mon armoire, mes photos...

...mon bureau, mon étagère, et mon autre lit-canapé-pour-les invités

Il est maintenant 21h, l'heure de sortir. En bonne rennaise où on ne vend plus d'alcool après 20h je me dis "Oups, 21h, tout est fermé, je ne peux pas arriver chez Myriam les mains vides". Teu teu teu, en bas de chez Myriam, je découvre cette "boteleria" qui, comme son nom l'indique, vend des bouteilles de toutes sortes (remplies biensur...). Si je ne l'avais pas remarquée d'ici là, c'est tout simplement qu'elle n'ouvre que vers 22h, ce qui est logique puisque sa mission principale consiste à répondre au besoin en bières de la jeunesse chilienne venue dans ce quartiers des bars faire la fête jusqu'au bout de la nuit. Elle distribue même des verres en plastique...que demander de plus?? Des cigarettes pour nos amis fumeurs? Idem.

Une belle soirée donc, et une soirée cosmopolite. Pas mal de blonds (non non, la moitié de la population chilienne n'est pas blonde, mais le nombre d'étudiants allemands assez élevé..!), pas mal de français aussi, et biensur des chiliens. Ca parle toutes les langues, ca rit, ca danse, et ca mange des completos. Le completo est cet étrange "plat" chilien qu'ils mangent à toute heure et avec toujours autant de ferveur: un hot dog avec une épaisse couche de palta (avocat) et de mayonaise. C'est gras, c'est pas cher: c'est chilien! (Quand ils sont fait maison ceci dit, c'est assez bon! Cette manie de mettre de l'avocat partout peut parfois s'averer assez délicieuse!)

mmmmmmh.....

Fin de soirée, je rentre, pas seule, car il fait mauvais se ballader seule dans Valpo la nuit. J'ai hâte de me glisser dans mon lit et d'entamer une nouvelle journée, qui ne sera peut être pas aussi condensée en chilenisme que cette journée type mais tout de même surprenante car on en apprend tous les jours un peu!!

samedi 23 août 2008

Cap au nord

Près d'une semaine après notre retour, je m'attèle enfin au récit de notre périple, comme promi : un périple en mode le plus roots possible, avec nombreux changements de programme de derniers moments (nous n'avons pas pu faire la Bolivie, faute de temps et par mesure de précaution vu les manifestations qui secouaient le pays avant le référendum), mais qui s'est au final très bien ficelé. On a pas arrété, avec un horaire de levé maximum de 8h30, des balades avec sac-à-dos-de-10-kg-sur-les-épaules, et de nombreuses randos qui auront eut raisons de nos cuisses...le tout récompensé par des paysages toujours plus beaux, de la magie des lacs en altitude de l'Atacama en passant pas l'immensité des montagnes péruviennes ponctuées de ruines incas...

Lundi 4 aout, après les derniers préparatifs (la bagatelle d'un achat de billet d'avion de retour, et une vaccination contre la fièvre jaune pour Marie et moi), on a sauté dans un car qui allait nous déposer à Calama 23h plus tard. Une longue nuit dans le bus, qui fut la première d'une longue série! Sur le chemin, que du désert, du désert, et encore du désert. c'était assez étrange de se voir traverser un pays pendant des kilomètres et des kilomètres sans croiser âme qui vive. La seule surprise fut la ville d'Antofagasta. Située sur la côte, on y est entrés après des heures de route aussi belles que monotones. La ville s'élève de nulle part, énorme, avec ses buildings et ses plages dignes de la côte d'Azur...c'est assez étrange et perturbant de ce dire que cette ville fourmille, vit, se développe, mais qu'autour d'elle, c'est réellement le néant...

Unique trace de présence humaine sur la route...


Depuis Calama donc, on a retrouvé le petit village de San Pedro de Atacama, point de départ de toutes les expéditions vers les différents sites du désert de l'Atacama, le plus aride au monde... Dès le lendemain, on montait dans un des minibus branlants de "Cactus Tour" direction la Valle de la Muerte et la Valle de la Luna, accompagnées par un guide adorable, Guillermo, avec son humour et ses capacités linguistiques, fruit de ombreux voyages en Europe, qui nous ont ravies 3 jours durant.

L'église de San Pedro

Le village

Notre Hotel

La Valle de la Muerte fut le premier spectacle pour nos yeux émerveillés, qui n'allaient pas arrêter d'en prendre plein la vue pendant près de deux semaines. Elle tire son nom du fait qu'il est tout simplement impossible d'y vivre vu l'aridité qui y règne (le Desert de l'Atacama étant le plus aride au monde, je e répète...). Ceci dit, une légende veut également que les gens y viennent avec tous leurs objets personnels à la veille de leur mort, pour l'attendre paisiblement. Si l'origine de son nom n'est pas certaine, une chose est sûre c'est que ce site, qui sert de terrain d'essai à la NASA, mérite le détour: une étendue de dunes hésitant entre le beige, le marron, le noir, voir le rouge parfois..un régal pour les pupilles!!! Voyez plutôt:

La valle de la Muerte


On a ensuite baptisé nos chaussures de rando lors d'un petit trecking dans ce même désert. Georges Lucas n'a rien inventé, c'est certainement là qu'il a puisé toute son inspiration pour le design de la planète Tatooine:

Trecking

Nos traces dans le sable...

J'ai presque regrêté de ne pas être une scientifique passionnée de géologie pendant ces 2h de marche: la zone était anciennement un fleuve (ou un océan je n'ai pas tout compris) très chargé en minéraux, mais l'eau s'est évaporée avec le temps. On voyait donc, non seulement les traces du courant, comme des vagues dans la roche, mais aussi, beaucoup plus impressionnant, des résidus très importants de sel, qui dessinent des tâches blanches sur le paysage des montagnes arides, comme de la neige. c'est magnifique! Autre conséquence de l'évaporation de l'eau: des bulles de gazs sont restées coincées dans la roche. La nuit avec le froid, elles se contractent, et la chaleur les fait comme exploser en journée. En se taisant, on peut donc entendre craquer les montagnes...magique!

Résidus de sel..

On voit bien ici les traces du courant de l'eau

Non non ce n'est pas de la neige!

La journée s'est achevée par la montée de la Duna Grande, en haut de laquelle nous attendait un coucher de soleil sur la Valle de la Luna: un 360° hors du commun: des volcans, du désert, des dunes, des montagnes enneigées, des canyons, du noir, du blanc, du gris, du marron, du rouge, un camaieu encore accentué par les rayons descendants du soleil. Comme nous avait prévenu Misa déjà à Valpo "cambia: azul, salmon, rojo...". Que du bonheur!!

La valle de la Luna

La duna grande

Coucher de soleil

Deuxième jour: mon préféré!!
Levé 5h, on enfile moufles, bonnet et gros manteau pour aller affronter nos deuxième 24h. C'est qu'il fait en dessous de 0 dehors, et qu'on est a plus de 3000 mètres d'altitude!!! Au programme du jour donc, le salar de l'Atacama, et les lagunas antiplanicos.

Le Salar de l'Atacama est en fait une réserve naturelle de Flamants Rose, dont la race du Flamingo de Jame's, que nous avons pu admirer à cette période de l'année. Ne vous inquiétez pas, on a pas non plus compris la présence d'eau et de toutes sortes d'animaux et de plantes dans la zone sensée être la plus aride au monde!!!! En tous cas c'était magnifique, malgré le froid!!

Vol de flamants roses sur le salar de l'Atacama


Deuxième merveille de la journée: les lacs en altitude, lagunas altiplanicos. Deux grands lacs, nichés dans une farandole de volcans multicolores et de montagnes enneigées. Quand on est arrivés, l'eau était encore gelée, comme une grande étendue blanche au mileu du bleu du ciel, du jaune des plantes, et du camaieu de rouge du volcan. Au fur et à mesure, on voyait la couche de glace se craqueler avec la chaleur de la journée, pour finir par devenir d'un bleu marine profond. Je me répète, mais ces paysages étaient tout simplement magnifiques: des formes et des couleurs qu'on ne croirait pas naturelles, une majesté hors du commun:

Le chemin de l'inca au nivau du trapique du capricorne symbolisé par cette croix

lamaaaas!

C'est encore plus tôt que nous nous sommes levées le lendemain pour nous rendre au Geyser del Tatio. Après deux heures de route dans le desert, ce n'est non pas un grand geyser de 15mètres haut qui nous attendait, mais une mutlitude de petits geysers, berçant nos yeux étonnés de leur glouglou/blurpblurp sympathiques. C'est assez impressionnant mine de rien de se dire que sous nos pieds bouillaient des quantités d'eau chauffées par la lave...



Deuxième étape de la journée: les piscines naturelles d'eau chaude!! J'étais la seule de nous trois à ne pas avoir de maillot de bain, mais la seule à m'être baignée par moins 10, et il fallait le vouloir! Un des deux pantalons que je portais a fait office de bas de maillot et c'est presque sans hésiter que j'ai mis les pieds dans l'eau bouillante!



Le dernier et non moins impressionnant site qu'on a pu observer dans le désert: la vallée des Cactus. Un endroit où, sortant de nul part, des centaines de cactus recouvrent les montagnes...impressionnant!!
Impressionnant hein?!

Y'en a partouuut!

Un village au milieu du desert...


Ce furent nos derniers pas à Atacama avant de partir pour le Pérou. Le soir même nous prenions le car pour Calama, puis Arica, puis enfin Tacna, au Pérou. Pensant commencer par visiter Cusco, le nombre d'heures de car pour y aller depuis Tacna nous a découragé...on a donc commencé notre périple péruvien par la ville d'Arequipa.
J'ai personnellement été ravie par cette ville, jolie mariage entre une ville espagnole et une ville maghrébine. Sa grande Plaza de Armas, son architecture coloniale, ses marchés, ses nombreuses églises...un régal pour les yeux!

Vue depuis le toit de notre hotel


Marché (vous l'aurez deviné..)

Cathédrale

Plaza de Armas

En bonne touristes nous ne sommes pas passées à côté du Monasterio de Santa Catalina, une ville dans la ville, ou les soeurs organisaient autrefois de nombreux banquets avant d'être remises dans le droit chemin après plusieurs dizaines d'années d'hédonisme...

Un des nombreux cloître de cet immense monastère

Vue depuis le point le plus haut du monastère


Après une courte nuit dans le car, nous avons pénétré dans Cusco, la ville touristique car coloniale par excellence, et notamment point de départ des gringos vers le Machu Pichu. C'est nos sacs de rando de 10kg sur le dos que nous avons visité la ville, ses magnifiques cathédrales et ses ruelles presque aussi ardues que celles de Valpo!

Myriam et Marie devant un des plus anciens mur inca de Cusco

La cathédrale de Cusco
Plaza de Armas de Cusco

La cathédrale (gauche) et la Compania de Jesus (droite)

La police péruvienne, qu'on trouve a chaque coin de rue littérallement parlant dans les villes touristiques (photo paparazzi spéciale dédicasse à mon JC!!)

Le Cusco non touristique...

Au cours de nos nombreuses visites de monuments religieux, nous avons noté que la représentation du christ est très différente en Amérique Latine. Tandis qu'en Europe, on le représente de façon très sobre, il est ici souvent souffrant et particulièrement ensanglanté, ou à l'inverse habillé tel un roi de parures chatoyantes (et tout aussi kitch!!!) C'est assez étrange!
Autre représentation bizarre du christ: un christ noir. Je m'explique. Le sud du Pérou est une zone sismique ou les tremblements de terre ont rythmé l'histoire, détruisant la ville régulièrement. Aussi, les habitants faisaient des processions avec des bougies pour demander au christ de faire cesser les tremblements. Le christ fut noirci par la fumée des bougies!


Notre découverte du Pérou devait se poursuivre par la vallée Sacrée. Après une très courte nuit à Ollaytaytembo, on a fait route vers Aguas calientes à bord du fameux pérurail-spécial-touriste-qui-coûte-quantre-fois-le-prix-du train-économique-pour-les locaux-. Aguas Calientes, autre nom de Machu Pichu Pueblo, est, comme son nom l'indique, le village situé au pied du Machu Pichu, où l'on trouve également des sources chaudes.

La vallée sacrée

Le fameux perurail

J'y étais!!!

Aguas Calientes

Sur les conseils de plusieurs personnes rencontrées sur la route ("le Machu Pichu, c'est soit très tôt le matin, soit à la fermeture"), on a décidé d'opter pour le soir, en croisant les doigts pour avoir le droit au coucher de soleil (duquel nous n'avons pas pu profiter...je brise ce suspens intenable qui s'installait!). Suivant encore une fois des conseils, mais cette fois du modeste Lonely Planet prété par Nevenka avant notre départ, nous nous sommes lancées dans l'ascension du mont Potokosy située en face du Machu Pichu. Une "ballade dont une partie se fait par des échelles" selon le guide, qui fut en réalité une rando du tonnerre, pour le malheur de nos cuisses aussi bien que de nos poumons qui ont bien cru lâcher à cette altitude! Les échelles étaient à 90° (ils ont fous ces incas), et la modeste promenade dura une heure et demi sous une chaleur accablante. Ceci dit, les vues qu'on avait étaient simplement magnifiques, avec comme clou du spectacle une vue imprenable sur la Machu Pichu!! Une belle récompense!

Myriam est la première à se lancer...

Aguas Calientes vu d'en haut!

Récompense!


Voulant économiser nos deniers, on avait décidé de ne pas prendre le bus mais de monter et de descendre le Machu Pichu à pied. Mais le Potokosy ayant eut raison de nous, on a sauté dans un car pour atteindre la fameux site incas, et la fourmilière de touristes qui l'accompagne en permanence. C'est après une petite pause dans les ruines que nous en avons entamé la découverte, y avançant au fur et à mesure que les touristes partaient, jusqu'à se retrouver presque seul avant la fermeture (bon, avec le sifflet des gardes qui te signalent que ca ferme!), et à pouvoir prendre des photos de ce site magnifique sans personne dessus (si ce n'est nous!!!).

THE MACHU PICHU!!!
Avec moi devaaaant!



Cela a du nous recharger les batteries, car malgré la fatigue, on a trouvé le courage de descendre à pied, sous une pluie fine qui commençait à tomber, avec cependant comme espoir de pouvoir, en arrivant à Aguas Calientes, aller profiter de ses bains chauds...ce que nous fîmes avec bonheur et délectation...

Après le Machu Pichu, nous pensions en avoir fini avec les randos, les montagnes, les cailloux tout ça, mais que neni, la suite du voyage nous promettait encore bien des délices pour nos muscles de jeunes touristes françaises.
Notre programme se poursuivait avec la visite des ruines de Pisac, ou nous nous sommes rendues en taxi depuis Ollaytaytembo. Arrivées au moment fatidique de payer l'entrée, on s'est rendues comptes que c'était bien plus cher que prévu, et que nous n'avions pas suffisamment d'argent. En nous ramenant à la ville basse où nous devions retirer des sous malgré notre énervement devant l'exubérance des prix de tous les sites touristiques dans la région, notre taxi nous a proposé une alternative: il connaissait quelqu'un qui pouvait nous montrer un chemin dans la montagne, qui passait derrière le poste de contrôle et nous permettrait de rentrer sans payer dans les ruines (moyennant un pourboire naturellement...). En bonne touristes encore une fois, on a tout de suite pensé "non non non c'est hors de question, encore une ruse d'un de ces péruviens voleurs qui veut profiter de la naïveté de trois petites françaises chétives". Nous voyant hésiter, notre taxi nous a donc donné en garantie pour nos sac à dos qui restaient dans la voiture, sa carte d'identité ainsi que les papiers de sa voiture (qui étaient les bons après vérification suspicieuse...). Munies de la vie de ce jeune et adorable chauffeur de taxi entre les mains, nous avons donc suivies, toujours sceptiques et toujours souffrantes de nos courbatures machupichuienne, ce jeune péruvien qui nous faisait économiser un petit paquet de soles. Tout s'est passé comme prévu, nous avons profité des ruines de Pisac avec une joie non dissimulée. Nous étions pratiquement seules dans le site, seules avec le silence et le sentiment d'être bien et surtout très chanceuses au milieu de ce paysage à couper le souffle.

Vu depuis le site de Pisac

Ils sont intelligents ces incas...

Un temple



Vidéo avec son: calme et pleinitude au coeur des ruines de Pisac

Après Pisac, on a changé de région pour aller retrouver Puno et le fameux lac Titicaca. A la gare de Cusco, on se dit, au vu du nombre de cris "Puno Puno Punoooooo" qu'on entend, qu'il ne va pas être trop compliqué de trouver notre bonheur. En effet, plus on s'avançait vers un bureau plus les prix baissaient!!! Le Pérou quoi...Il restait tout juste trois places, on a dit Banco...on aurait sans doute pas du! En arrivant à Puno, Marie se rend compte qu'on lui a volé son MP3 qui était dans son sac qu'elle portait sur elle sous son Poncho fraîchement acheté...et j'allais réaliser quelques minutes plus tard à bord du bateau qui nous conduisait sur différentes îles du lac Titicaca qu'on m'avait pour ma part subtilisé portefeuille (contenant papiers français et une carte bleue) et paire de lunette de soleil à ma vue... Même en ayant fait extrêmement attention en permanence à nos affaires, on a donc nous aussi été victimes des vols si fréquents au Pérou... Heureusement cela ne nous à pas empêché de profiter de fin de notre voyage. Comme je l'ai dit donc, nous sommes parties pour une croisière sur les îles du lac titicaca, plus haut lac navigable au monde (plus de 3000m d'altitude!). A commencer par les îles flottantes d'Uros. Sur ces îles, on vit dans la tradition: tout est fait de paille, les maisons, les bateaux, et même le sol lui même!


Puis nous sommes allées passer la nuit sur l'île d'Amantani. L'île s'est développée avec l'éco-tourisme qu'elle promeut. Là bas pas d'hotel ni de restaurant, on dort chez l'habitant. Nous étions logées chez Sylvia et Mario, sans eau ni éléctricité certes, mais c'était quand même tout confort! Le soir, nous avons grimpé (encore..!!) le mont pachatata pour aller admirer le coucher de soleil sur le lac (non non ce n'est pas la mer!!). Une merveille. En qq secondes, le soleil disparait de l'horizon, laissant seulement sur l'eau ses derniers rayons vermeilles...Magique!



Nous avons eut de la chance car la semaine où nous étions là bas correspondait à la Feria de la Comunidad où nous étions. Le soir sur la place du village, on a donc pu admirer les danses locales. Autour de grands feux de joies, les habitants sont déguisés, déambulent, et font toutes sortes de blagues à la manière de la Comedia del Arte.



Le lendemain, après une courte nuit, nous sommes reparties pour l'île Taquile voisine où là encore on s'est promenées et avons pu admirer la beauté du paysage:

On peut lire sur les panneaux le nom des grandes villes du monde ainsi que la distance où elles se trouvent

De retour à Puno, nous n'avons guère vu autre chose que le commissariat de police où j'ai du faire une déclaration de vol. Ce fut assez laborieux, l'attention et l'intérêt du policier étant à peu près aussi grande que ma capacité à m'expliquer en espagnol....!!Après m'être fait reprocher de ne pas avoir vérifié l'intégralité de mes affaires à la sortie du bus par le policier affirmant que "Francia es Francia, y Peru es Peru", un détour par le marché artisanal de la ville le temps d'attendre, je suis tout de même repartie avec une déclaration digne de ce nom, ce que je n'osais même pas espérer à l'origine. Puno fut aussi le lieu de notre première douche après 3jours sans la possibilité d'en prendre une, et de nos premiers tamales, spécialité locale (sorte de polenta garnie de poulet et de tomates). Ces tamales devaient être les derniers délices péruviens avant notre retour pour Arica au Chili qui nous a couté une journée de bus. De là, nous avons pris un avion pour rentrer à Santiago puis à Valpo, ce qui ne fut pas de refus après ces 2 semaines si intenses!

J'aurais retenu beaucoup de choses de ce voyage, et ce fut assez intéressant notamment de voir les différences avec le Chili qui sont assez flagrantes. Contrairement au Chili dont l'unité repose plus sur le politique, le Pérou a vraiment une forte tradition culturelle que les gens cultivent parfois à outrance dans les régions les plus touristiques (on voit des femmes en costume traditionnel dans les villes qui proposent aux touristes de faire une photo avec elles..). On sent que le tourisme est leur seul revenu, et cela rend assez mal à l'aise parfois de les voir surexploiter les clichés sur leur propres pays pour gagner leur vie. De manière générale, le Pérou est bien moins cher car bien plus pauvre que le Chili, ce qui implique pour les touristes des négociations permanentes face aux péruviens qui annoncent quasi systématiquement des prix exorbitant squand ils ont face à un blanc. La pauvreté du pays est bien plus palpable qu'au Chili: on voit les enfants travailler dans les restaurants familiaux, il n'est pas rare de rentrer dans une boutique et de ne voir derrière le comptoir qu'une enfant de 10 ans...

Autrement dit, ce fut un très beau voyage, une très belle expérience, que je vais m'empresser de renouveler dans d'autres pays dès que j'en aurai le temps et l'argent (ce n'est pas que la Machu Pichu m'ait ruiné mais un peu...). En attendant, l'année va commencer doucement à Valpo, et j'ai hâte de découvrir comment sera mon quotidien ici, entre les cours, la coloc et le reste...Vamos a ver!