Ca y est, voilà la suite de la leçon sur la "vida chilena", ses particularités et bizarreries décortiquées et analysée par la petite française que je suis...il n'est point question ici d'ethno-centrisme (jamais...oh grand jamais!!), mais d'un simple exposé de toutes ces petites choses du quotidien qui font le charme d'une année à l'étranger dans un pays si différent!!
Voyons ce que pourrais donner une de mes journée ici (on posera comme hypothèse de base que je suis végétarienne, et que j'ai, ce jour, besoin de faire quelques amplettes...):
Le matin, je me lève, pas très tôt, car les chiliens ne travaillent pas beaucoup à la fac et qu'en bonne étudiante étrangère je profite de mon année pour me défaire de cet mauvaise habitude qu'on appelle le réveil en prenant des cours qui commencent au minimum à 10h. Malgré cela, j'arrive en retard en cours, de 10 minutes. Pas de problème, ce n'est pas un regard noir ou un silence dérengant, mais au contraire un jovial "adelante" qui m'accueille. 1h10 après, soit 20minutes avant la fin théorique fin du cours, nous sommes libérés...
Je vais déjeuner, en choisissant ce midi un petit restaurant proposant comme tous ici un menu pas cher et très fourni (le déjeuner étant le principal repas de la journée...). Je ne mange pas de viande et demande donc le plat végétarien. Après un pisco sour (alcool local agrémenté de citron qu'on sert presque systématiquement en apéritif), un peu de pain, une soupe, et une entrée (généralement une salade), que le serveur m'aura apporté successivement sans une minute entre chaque (il t'observe et t'apporte la suite dès que tu avales ta dernière bouchée, et ce même si ce n'est pas le cas de la personne qui t'accompagne...), le plat principal arrive: du poulet!!! Et oui, ici, le jambon et le poulet ne sont pas considérés comme de la viande, du moins pas d'un point de vue végétarien!!
Pour me consoler, je décide d'aller faire un tour au Ripley (équivalent local du printemps vendant toutes sortes de produits dans un immense magazin répartis sur 4 étages). Je dois avoir l'air perdue parmi tous ces jeans, car une vendeuse vient me demander si j'ai besoin d'aide: "Nessecitas ayuda hija?" (parenthèse pour les germanophones / vieux / nuls en espagnol: hija = fille au sens fille de ma mère). Ici, est-ce une fraternité ouverte, un amour des étrangers, un sans-gêne culoté ou une gentillesse déplacée, toujours est-il que appeler la première passante venue "mi corazon" (mon coeur) "mi nina" (ma petite fille) ou "mi hija" (ma fille), n'est pas inhabituel, voire très usité!
Mise à part un jean, j'ai aussi besoin d'un adaptateur. Je me dirige donc vers une petite boutique-qui-vend-de-tout-pas-cher (savon, ustensiles de cuisine, décoration, vêtements...). Je trouve mon bonheur. Une vendeuse vient me le prendre pour me le déposer à l'entrée et me laisser regarder tranquilement le reste du magazin. Quand j'ai fini mon petit tour, je retourne au comptoir. Là, l'aventure commence. Pour pouvoir retirer mon bien, je dois l'avoir payé (jusqu'ici rien d'anormal), mais je dois pour cela faire la queue à la caisse qui se trouve à l'autre bout du magazin, où on me donnera un tiquet (ici, on a une facture pour le moindre empanada acheté au coin d'une rue...) qui me donne le droit de revenir chercher mon sac plastique (oui, ici, tout comme le tiquet de caisse, on a la culture du sac plastique: on en a droit à un quoiqu'on achète, même un adaptateur minuscule!! La notion de développement durable n'a pas encore franchi la frontière chilienne, on s'en souciera surement dans quleques années quand il sera trop tard mais que le pays se sera développé...). C'est une troisième personne qui me donne mon sac plastique, et je me dis avec étonnement que son seul travail doit consister en cet activité aussi mal payée qu'ininteressante: mettre les affaires des clients dans des sacs plastiques! (qu'il y ait des étudiants qui le fassent au supermarché ou on achète généralement beaucoup de choses, passe encore, bien que leur seul revenu soit les pourboires qu'on leur donne, soutenant ainsi une forme de travail précaire malgré nous, mais alors pour un adaptateur!!!!) Toujours est-il que je ne comprends pas la logique de la division du travail chilienne. Ou plutôt si c'est très simple: "travailler moins pour travailler tous", multiplions les formes de travail précaire et notre taux de chômage ne pourra s'en porter que mieux!"
La Plaza Anibal Pinto, centre de la vie nocture de la ville, d'où part la calle Almirante Montt
Ma rue, la rue Papudo donc...
J'ouvre ma porte (ou devrais-je dire "j'entrouvre" puisqu'elle ne s'ouvre pas completement...?), je monte dans ma chambre. Là j'ai froid, car ma fenêtre de chambre ne ferme pas completement elle non plus. Je pourrais me dire "si je me prenais une bonne douche chaude pour me réchauffer". Mais je vis maintenant au Chili depuis 1 mois, je sais que l'eau chaude est partout capricieuse, et que la douche brulante est un luxe duquel je devrais me passer jusqu'à mon retour en France, ou du moins jusqu'à ce que je craque pour un appartement à Vina del Mar, ou le confort est bien là. Pas de douche donc, seulement hâte de me glisser ce soir sous mes (attendez je reflechis...1, 2, 3) sous mes 4 couettes (dont ma nouvelle couette rouge et smoutchy que j'adore!)!! Indispensable quand il fait en dessous de 0 dehors et que le chauffage n'est pas capricieux mais tout simplement inexistant!! Je me pose à mon bureau, allume mon ordinateur et entreprend d'écrire un petit article sur mon blog (car oui oui, je suis assidue!!). En cherchant l'inspiration, le regard en l'air (j'ai bien 3 ou 4 mètres sous plafond, il y a beaucoup d'air donc! et c'est facile à chauffer au passage!), quelle n'est pas ma surprise quand je tombe sur un champignon!!!! Oui oui vous lisez bien, un champignon dans ma chambre: assez grand, plat, marron, comme sur le tronc d'un arbre en forêt, mais à mon plafond. Je reflechis, comment est-ce possible? C'est tout simplement que c'est l'endroit ou il pleuvait un peu dans ma chambre l'autre jour, endroit humide donc...! N'allez surtout pas croire que je vis dans un taudis, ma chambre est vraiment devenue mon petit coin, je m'y sens bien, je l'ai décorée et me la suis appropriée comme il faut, mais on est au Chili, et c'est quand même très drôle d'avoir un coloc champignon non?!
Il est maintenant 21h, l'heure de sortir. En bonne rennaise où on ne vend plus d'alcool après 20h je me dis "Oups, 21h, tout est fermé, je ne peux pas arriver chez Myriam les mains vides". Teu teu teu, en bas de chez Myriam, je découvre cette "boteleria" qui, comme son nom l'indique, vend des bouteilles de toutes sortes (remplies biensur...). Si je ne l'avais pas remarquée d'ici là, c'est tout simplement qu'elle n'ouvre que vers 22h, ce qui est logique puisque sa mission principale consiste à répondre au besoin en bières de la jeunesse chilienne venue dans ce quartiers des bars faire la fête jusqu'au bout de la nuit. Elle distribue même des verres en plastique...que demander de plus?? Des cigarettes pour nos amis fumeurs? Idem.
Une belle soirée donc, et une soirée cosmopolite. Pas mal de blonds (non non, la moitié de la population chilienne n'est pas blonde, mais le nombre d'étudiants allemands assez élevé..!), pas mal de français aussi, et biensur des chiliens. Ca parle toutes les langues, ca rit, ca danse, et ca mange des completos. Le completo est cet étrange "plat" chilien qu'ils mangent à toute heure et avec toujours autant de ferveur: un hot dog avec une épaisse couche de palta (avocat) et de mayonaise. C'est gras, c'est pas cher: c'est chilien! (Quand ils sont fait maison ceci dit, c'est assez bon! Cette manie de mettre de l'avocat partout peut parfois s'averer assez délicieuse!)
Fin de soirée, je rentre, pas seule, car il fait mauvais se ballader seule dans Valpo la nuit. J'ai hâte de me glisser dans mon lit et d'entamer une nouvelle journée, qui ne sera peut être pas aussi condensée en chilenisme que cette journée type mais tout de même surprenante car on en apprend tous les jours un peu!!
L'intérieur de la Casa Central, bâtiment de ma fac ou je suis pour la moitié de mes cours
Je vais déjeuner, en choisissant ce midi un petit restaurant proposant comme tous ici un menu pas cher et très fourni (le déjeuner étant le principal repas de la journée...). Je ne mange pas de viande et demande donc le plat végétarien. Après un pisco sour (alcool local agrémenté de citron qu'on sert presque systématiquement en apéritif), un peu de pain, une soupe, et une entrée (généralement une salade), que le serveur m'aura apporté successivement sans une minute entre chaque (il t'observe et t'apporte la suite dès que tu avales ta dernière bouchée, et ce même si ce n'est pas le cas de la personne qui t'accompagne...), le plat principal arrive: du poulet!!! Et oui, ici, le jambon et le poulet ne sont pas considérés comme de la viande, du moins pas d'un point de vue végétarien!!
Pour me consoler, je décide d'aller faire un tour au Ripley (équivalent local du printemps vendant toutes sortes de produits dans un immense magazin répartis sur 4 étages). Je dois avoir l'air perdue parmi tous ces jeans, car une vendeuse vient me demander si j'ai besoin d'aide: "Nessecitas ayuda hija?" (parenthèse pour les germanophones / vieux / nuls en espagnol: hija = fille au sens fille de ma mère). Ici, est-ce une fraternité ouverte, un amour des étrangers, un sans-gêne culoté ou une gentillesse déplacée, toujours est-il que appeler la première passante venue "mi corazon" (mon coeur) "mi nina" (ma petite fille) ou "mi hija" (ma fille), n'est pas inhabituel, voire très usité!
Mise à part un jean, j'ai aussi besoin d'un adaptateur. Je me dirige donc vers une petite boutique-qui-vend-de-tout-pas-cher (savon, ustensiles de cuisine, décoration, vêtements...). Je trouve mon bonheur. Une vendeuse vient me le prendre pour me le déposer à l'entrée et me laisser regarder tranquilement le reste du magazin. Quand j'ai fini mon petit tour, je retourne au comptoir. Là, l'aventure commence. Pour pouvoir retirer mon bien, je dois l'avoir payé (jusqu'ici rien d'anormal), mais je dois pour cela faire la queue à la caisse qui se trouve à l'autre bout du magazin, où on me donnera un tiquet (ici, on a une facture pour le moindre empanada acheté au coin d'une rue...) qui me donne le droit de revenir chercher mon sac plastique (oui, ici, tout comme le tiquet de caisse, on a la culture du sac plastique: on en a droit à un quoiqu'on achète, même un adaptateur minuscule!! La notion de développement durable n'a pas encore franchi la frontière chilienne, on s'en souciera surement dans quleques années quand il sera trop tard mais que le pays se sera développé...). C'est une troisième personne qui me donne mon sac plastique, et je me dis avec étonnement que son seul travail doit consister en cet activité aussi mal payée qu'ininteressante: mettre les affaires des clients dans des sacs plastiques! (qu'il y ait des étudiants qui le fassent au supermarché ou on achète généralement beaucoup de choses, passe encore, bien que leur seul revenu soit les pourboires qu'on leur donne, soutenant ainsi une forme de travail précaire malgré nous, mais alors pour un adaptateur!!!!) Toujours est-il que je ne comprends pas la logique de la division du travail chilienne. Ou plutôt si c'est très simple: "travailler moins pour travailler tous", multiplions les formes de travail précaire et notre taux de chômage ne pourra s'en porter que mieux!"
Bellavista con Condell
Mes paquets dans les mains, j'entreprends de rentrer dans mon chez moi. Je remonte la rue Pedro Montt bordée de magazins et autres tiendas, dernière rue à traverser et je suis presque chez moi. Le petit bonhomme est rouge. J'attends. On pourrait croire que je ne sais pas combien de temps je vais attendre. Que nenni. Si dans beaucoup de pays un compte à rebours annonce aux pietons combien de temps il leur reste pour traverser avant que le feu repasse au rouge pour eux, c'est ici l'inverse. A croire que les chiliens sont insuportablement impatients, on leur indique combien de temps il leur reste à poireauter sur le trotoir avant de pouvoir enfin traverser la chaussée!! 3-2-1, je peux passer sans risque (les micros (équivalent local des bons bus de la star rennaise) ont beau conduire n'importe comment, doubler sans cligno ni angle mort, ils respectent les feux rouges!). Je monte la rue Almirante Montt, mes mollets souffrent, j'observe avec dégout les poubelles éventrées par les chiens errants (si beaucoup de gens les accrochent en hauteur à des crochets prévus à cet effet, certains n'ont apparemment toujours pas compris le principe...), je croise peut être au passage un homme et son âne portant un chapeau (l'âne, pas l'homme), manque de me faire écraser par une voiture descendant la rue à tout vitesse...en marche arrière (ce à quoi évidemment je ne m'attendais pas parce que la rue est à sens unique et que je voyais donc ce qui arrivait en face!), puis de trébucher dans un trou-ni-de-poule inexpliqué comme on en trouve sur tous les trottoirs ici, et me voilà arrivée!Il est maintenant 21h, l'heure de sortir. En bonne rennaise où on ne vend plus d'alcool après 20h je me dis "Oups, 21h, tout est fermé, je ne peux pas arriver chez Myriam les mains vides". Teu teu teu, en bas de chez Myriam, je découvre cette "boteleria" qui, comme son nom l'indique, vend des bouteilles de toutes sortes (remplies biensur...). Si je ne l'avais pas remarquée d'ici là, c'est tout simplement qu'elle n'ouvre que vers 22h, ce qui est logique puisque sa mission principale consiste à répondre au besoin en bières de la jeunesse chilienne venue dans ce quartiers des bars faire la fête jusqu'au bout de la nuit. Elle distribue même des verres en plastique...que demander de plus?? Des cigarettes pour nos amis fumeurs? Idem.
Une belle soirée donc, et une soirée cosmopolite. Pas mal de blonds (non non, la moitié de la population chilienne n'est pas blonde, mais le nombre d'étudiants allemands assez élevé..!), pas mal de français aussi, et biensur des chiliens. Ca parle toutes les langues, ca rit, ca danse, et ca mange des completos. Le completo est cet étrange "plat" chilien qu'ils mangent à toute heure et avec toujours autant de ferveur: un hot dog avec une épaisse couche de palta (avocat) et de mayonaise. C'est gras, c'est pas cher: c'est chilien! (Quand ils sont fait maison ceci dit, c'est assez bon! Cette manie de mettre de l'avocat partout peut parfois s'averer assez délicieuse!)
Fin de soirée, je rentre, pas seule, car il fait mauvais se ballader seule dans Valpo la nuit. J'ai hâte de me glisser dans mon lit et d'entamer une nouvelle journée, qui ne sera peut être pas aussi condensée en chilenisme que cette journée type mais tout de même surprenante car on en apprend tous les jours un peu!!

