samedi 1 août 2009

Je m'en vais

Fini les cerros sous le soleil le matin, fini le Pacifique, fini les tostadors pour griller son pain, fini le papier toilette à la poubelle, fini les minimarket ouverts usqu'au'à pas d'heure, fini les pesos, fini les chauffeurs de micro fous, fini les ascensores, fini les "weon", les "carrete", les "bakan", les "la dura", fini la teleserie à 20h15, fini les super 8, fini les sifflements dans la rue, fini le carménère, fini le pisco, fini les pâtes de Stefano, les tacos de Tere, le "OMG" de Rafa, les bonnets de Vale, le français de Loly, fini les chines errants, fini la flûte de pan plaza Anibal Pinto, fini les coucou à Maca dans son bureau, fini l'éternelle explication de "je suis à Sc po mais ici ça n'existe pas donc je choisis mes cours un peu partout"...

Fini tout ça, mais j'ai eu la chance de le connaître. Je remercie l'IEP pour ça, et surtout tous mes potes chiliens et autres pour cette année qui m'aura changé, durant laquelle j'aurais beaucoup appris, et notamment à m'ouvrir et à être plus tolérante.

Le livre se ferme, on est triste mais on regarde vers le futur en se disant que plein d'autres expériences tout aussi magiques nous attendent....et peut-être au Chili qui sait???

lundi 8 juin 2009

Allo Maman bobo!

Hier, en France, chacun avait deux objectifs pour la journée : aller élire ses nouveaux députés européens (mission que seulement 40% des personnes ont accomplie…), et souhaiter une bonne fête à sa maman. Personnellement j’ai fait un 50% : j’ai failli à la première mission, je l’avoue, mais je fais partie des 60% qui ont une excuse pour ne pas s’être déplacée jusqu’aux urnes : non seulement je suis au Chili, mais en plus il s’avère qu’il est impossible de voter au consulat. Une procuration faite en France est la seule façon de voter pour les européennes…et je le concède, en juin dernier, l’Europe était le cadet de mes soucis. Disons que j’avais plutôt déjà la tête en Amérique Latine ! Vu le résultat, j’aurais préféré être un peu plus consciencieuse et me préoccuper de tout cela mais zenfin…Vive l’Europe !


Cliquez pour agrandir (Dessin de Martin Vidberg)

Et Vive les mamans aussi ! Oui la mienne a été ravie d’entendre le son de la voix de sa Julia qui l’appelait au saut du lit (16h au Chili, 22h en France) pour lui dire qu’elle était vraiment la meilleure de toutes les mamans.



Bonne fête maman!!!!

Et pourtant j’aurais pu me tromper. Ici au Chili, c’est bientôt les papas qu’on fête (oui, Pétain n’y avait pas pensé, mais on a tous un papa aussi!), les mamans, c’était mi-mai, ça fait déjà belle lurette qu’on y pense plus. Et pourtant sur le coup, il était dur d’oublier : des affiches partout, des pubs dans tous les sens, des réductions impressionnantes sur tout (mais quand même plus sur l’électroménager, elles aiment tant ça…). Pire que noël ! Et oui, ici, la fête des mères, c’est le plus gros chiffre d’affaires de l’année après la naissance du petit Jésus. Il faut dire que dans une société qui paraît bien souvent avoir 30 ans de retard sur la nôtre (faut dire que 17 ans de dictature – enfin, se « régime militaire » pour les nombreux chiliens qui aiment jouer de l’euphémisme- ça pardonne pas !), la figure de la mère reste très importante. La libéralisation de la femme et l’égalité des sexes ne sont pas tout à fait à l’ordre du jour, même si tous y travaillent fort (sauf quelques mecs au gouvernement pour qui parler de l’avortement est encore un tabou). Pour une grande partie de la population, conservatrice, la maman reste encore celle qui ne travaille pas, qui s’occupe de ses mouflets et qui fait la popote, bref je vous fait pas un dessin.

Et il n’y a pas d’âge pour avoir la chance d’embrasser cette destinée ! Comme je l’ai dit, l’avortement n’est pas franchement un sujet qui fait l’unanimité, et la prise de la pilule, en particulier chez les jeunes est loin d’être un automatisme. Alors il n’est pas rare de voire des gamines de avec des bébés dans les bras. Pas leurs Baby Sitter, leurs mères. Des filles - mères comme on dit. Et je l’ai vécu, le choc de voir une gamine de 5 ans ma cadette, avec son nouveau né ! True story. Il y a quelques semaines, direction Santiago pour le week-end pour l’anniversaire d’un copain. Le lendemain, je profite de mon aprem à la capitale pour aller retrouver deux copines pas vues depuis mon départ en Argentine. Coni et Gaby, deux supers potes de Valpo, rentrée chez papa maman, l’une pour sa thèse, l’autre pour son spectacle (elle est comédienne). Bref, ce ne sont pas ces deux - quoique très intéressantes jeunes filles- dont je veux parler. C’est elle là, assise sur le canapé avec sa copine, un bébé entre elles deux. C’est une amie de la petite sœur de Gaby. Elle a 15 ans, sa petite Augustina 7 mois… Après le déjeuner, les deux copines vont s’enfermer dans la chambre de la sœur et passent l’après midi à regarder des photos d’elles deux en mangeant des chips. Elles rigolent niaisement, normal, elles ont 15 ans…mais le bébé là, ça fait un choc ! Le père, on en parle pas. Je doute qu’on sache qui c’est. Et c’est dire, le nombre d’amis de Cata qui ont un, ou même plusieurs enfants, est impressionnant. Ils ont 30 ans et presque déjà tous un héritier, plus ou moins jeune, quelque part dans le pays. Le matin de cette même journée, je m’étonnais d’apprendre que Jaime avait une fille de sept ans ! « Qui est cette jeune fille sur la photo ? » demandais-je innocemment. « C’est ma fille, Javiera, elle a sept ans. Ah ben tiens justement elle m’appelle ». Et bien oui c’était son anniversaire tout de même ! Un calcul rapide 5 je suis en Ecofi…), elle a 7 ans tu en as pile 30 aujourd’hui. Tout est clair. A 23 ans tu as eu une aventure avec une minette et…et voilà!



Société duale quand tu nous tiens. C’est vraiment bizarre de vivre dans un pays où la moitié de la population pense encore travail - famille – patrie (et je ne veux pas parler que des vieux ici, les plus conservateurs sont parfois les plus jeunes), pendant que l’autre se bat pour rattraper 20 ans de développement social et de libération des mœurs. Les jeunes font la fête comme des fous, mais ils habitent chez leurs parents jusqu’à 27 ou 28 ans. On a des petits - copains, on fait l’amour avant le mariage, mais on se retrouve avec un gamin sur les bras car on ne se protège pas et qu’on ne peut pas avorter…autant de contradictions qui font qu’on s’étonne parfois du comportement des gens ou de ce qu’on voit. Les chiliens savent nous surprendre par leur effrayant conservatisme alors qu’on sent une société en pleine ébullition, en plein changement, c’est étrange.

Voilà, c'est fait, apès l'article historique, j'ai écrit mon article sur la différence culturelle. Mon honneur est sauf. Je peux dormir en paix.

mercredi 3 juin 2009

21 de mayo

21 mai. « Veinti-uno de mayo » comme on dit ici. Si ça ne vous interpelle pas, ici ça veut dire beaucoup de choses. Synonyme de jour férié et grasse mat’ pour les plus paresseux, de discours de la présidente pour les plus intellos, de défilé militaire pour les plus patriotes, et de manif pour les plus rebelles. Pourquoi ?

Parce que le 21 mai 1879, le grand, le très grand, l’immense Arturo Prat, devenu depuis ce jour héro national, avec sa statue sur la place Soto Mayor et même un feuilleton biographique à la télé en l’honneur du bicentenaire du Chili, le capitaine Prat donc, à bord de sa frégate l’Esmeralda, menait le Chili à la victoire contre l’armada péruvienne au large des côtes d’Iquiquique (waou, et c’est même pas un copié collé Wikipédia !). Grâce au génie et au courage de ce jeune capitaine mort lors de ce même combat, le Chili remportait la guerre du Pacifique, et avec elle d’importants territoires au nord du pays, ou se trouvent notamment les si fameuses mines de cuivre qui ont fait la richesse de l’économie chilienne durant tant d’années ! Pour commémorer la victoire de la bataille, tous les 21 mai, l’Armada chilienne défile à Valparaiso, plus grand port du pays, et exhibe son orgueil militaire. Selon ma prof d’espagnol, cette parade s’apparente fort à un défilé nazi et représente surtout une insupportable provocation à l’intention des péruviens. Est-il nécessaire de rappeler que le résultat de la guerre du Pacifique et les pertes de territoires boliviens et péruviens restent fort contestés par les populations et les générations politiques qui se sont succédées depuis 1880 ? En tous cas pour la population de Valparaiso, c’est l’occasion de faire la fête, une sorte de 14 juillet local (même si la fête nationale est le 18 septembre, je le rappelle…).

Pour d’autre par contre, c’est l’occasion de manifester contre le gouvernement. C’est que le 21 mai est devenu le jour de l’important « message présidentiel » annuel, au cours duquel le président, et en l’occurrence la présidente, au cours d’une cérémonie publique, présente un discours devant le congrès, rendant compte de la situation politique de la nation. Le congrès étant à Valparaiso, c’est vers notre chère petite ville que tous les yeux chiliens sont braqués tous les 21 mai. Les yeux ainsi que les canons à eaux. Oui en effet qui dit discours présidentiel dit manifestations. Et les chiliens aiment montrer leur mécontentement. Autour du congrès, l’ambiance est donc à la repression policière, à coups de bombes lacrymo et de canon à eaux, pour calmer les rebelles.

Voilà l’ambiance qu’il y avait ici pendant que vous partiez tous en WE prolongé, et que moi j’observais le tout de loin, depuis mon lit ou je récupérais de la fête de la veille. Voici quelques photos chopées sur le net pour vous permettre de mettre des images sur ces informations historico-culturelles (attention…)


Pan Pan sur la mer


Le Roi Arturo


Les marins place Soto Mayor, la statue d'Arturo Prat en fond




La mère Michelle

jeudi 14 mai 2009

Un toast!

Un petit message car aucun de vous n'a pu venir me voir à Valparaiso et découvrir cette ville magnifique dans laquelle j'ai la chance de passer un an. Alors pour partagez un peu de ma ville, je vous invite à aller voir ( ou louer, ou télecharger) le film El Brindis, de Shai Angosin. Alors que les nombreux prix qu'il a reçu pouvait laisser présager un film extraordinaire( Premio del público San Diego Latin festival, Mejor pelicula Tulipanes Film festival, Premio del publico au festival de ciné international d'Ourrence), je ne l'ai pas trouvé oufissime. Mais il vaut la peine d'être vu, surtout car il se déroule à Valpo. On voit parfaitement la ville, avec des plan vue d'avion ou des scènes dans les cerros ( ya même une scène dans ma rue presque devant ma maison!!!). Pour les hispanophones, ca fera une découverte du chilien et un petit travail de différenciacion d'accent entre le chilien et le mexicain!



Voilà, je vous envoie un petit bout de chez moi par film interposé.

A très bientôt

Julia

vendredi 17 avril 2009

Bienvenido a casa

Se sentir à la maison, c’est important.

En partant pour son année à l’étranger, on a tous en tête le mythe de l’auberge espagnole. On se voit bien dans la peau de Romain Duris, entouré de gens venus d’un peu partout dans une maison colorée, un peu fouillie, faussement organisée, mais vraiment sympa. Son étage dans le frigo, le ménage qu’à moitié fait, les grosses soirées qui s’organisent au dernier moment…. Et bien mine de rien, c’est pas facile ! Pas facile de tomber sur des gens qui cherchent la même chose. Pas facile d’avoir sa vie, ses potes, sa fac, mais réussir à partager quelque chose de fort avec les gens avec qui on vit. Se mettre en coloc au Chili, c’est une nécessité. On ne choisit pas ses colocs, parfois on a de la chance, parfois son subit. Il écoute sa musique trop fort, il est jamais là, il reste cloîtré dans sa chambre ou au contraire il mobilise avec ses potes les pièces communes… Le mythe reste le mythe.

Autant au premier semestre j’ai pas été ravie de ma maison (bon yavait une super vue et ma chambre était grande, et mes compañeros étaient sympatoch, mais pas le même rythme de vie, pas les même centres d’intérêts…c’était pas non plus l’éclate), autant cette fois oui j’ai trouvé. Ma nouvelle maison. Une petite auberge espagnole puisqu’on est 3. Laissez moi vous présenter mes compagnons de tous les jours :



Cata, pas catastrophe, pas catacombes, mais Catalina. Une copine chilienne rencontrée à la fac au premier semestre. Elle ne paraît pas mais elle a 30 ans (faut dire elle vit comme une fille de 23 ans). Partenaire de régime, elle joue le rôle du diable et risque souvent de me faire accepter une bière… Elle est fan de la France, des et du français qu’elle parle d’ailleurs pas mal (et encore mieux depuis que je l’aide). Son rêve ? Venir chez nous, rencontrer un beau garçon, se marier et vivre heureuse en hexagone. J’en apprends tous les jours sur elle : elle a vécu et travaillé au Brésil (et m’aide donc dans mon apprentissage du portugais, c’est donnant-donnant), elle a rejoint en Grèce un homme un jour et est resté là-bas quelques années (bon, je ne me mets pas encore au grec, mais si il m’en prend l’envie, elle sera là !), on ne s’ennuie jamais avec elle (et encore moins quand vient à la maison son neveu de 3 ans dont elle est complètement fan et pour qui elle achète tout le temps des petits cadeaux). Bref, c’est ma grande copine !



L’autre, c’est Stefano, un grand italien bouclé « el don Juan del cerro » comme dit Cata. Déjà en train de flirter avec une mexicaine, mais ça ne l’empêche pas d’avoir toujours un essaim de demoiselles autour de lui. Il étudie l’architecture, comme peuvent le laisser deviner ses lunettes fashion. On aime son accent italien, son sourire permanent, ses petits repas, ses bras pour ouvrir les pots de confitures, quand il vient nous demander les yeux baissés comment fonctionne la machine à laver, et aussi tous les italiens sympas qu’il ramène à la maison !


nous trois

Et la troisième c’est moi, la ptite française toute heureuse de se sentir enfin à la maison. Une maison grande, propre, avec des fenêtres qui ferment, une cheminée (le luxe à Valpo où les maisons n’ont pas de chauffage), et surtout, le must, une terrasse sur le toit avec une vue imprenable sur la baie de valpo, idéale pour des petits thés, des aprem au soleil avec son ordi, ou encore des grosses soirées avec pleiiiiins de gens (et sans crader la maison !). Bref vous l’aurez compris, je suis ravie d’avoir trouvé une casa ou je me sente bien, et je compte bien en profiter à max pour mes 3 derniers mois ici !





Pucon express

Dieu ne m’a pas donné la foi, mais il m’a donné la Semana Santa. Ce n’est pas de moi, c’est à la Catolica que j’ai appris ça. Pâques, 5 jours, l’occasion d’une petite virée dans le sud, vers Pucon, son lac, et surtout son volcan.


Stop. En québécois c’est « faire du pouce », en espagnol « ir a dedo », bref l’idée est d’y aller au doigt pour en prendre pleins les yeux.


Mercredi 9 avril, 13h, j’appelle Matthias

« Bip, Bip, Bip

-Alo ?

-Oui, Matthias, comment vas-tu ?

-Très bien ma foi, je viens tout juste de sortir d’un cours passionnant sur les manifestations de l’utopie dans l’art. Et toi ? Comment te portes-tu ?

-Très bien merci. Je pensais qu’il serait raisonnable de partir bientôt.

-Mais bien sûr, je prépare mes affaires de ce pas, et on y va ! »


Je me fourrais le doigt dans l’œil en le croyant.

17h. Je rappelle Matthias.

« Bip, Bip, Bip

- Oui oui, Julia, Je boucle tout juste mon sac à dos, j’arrive tout de suite ! »

19h. Devant la station essence à la sortie de Valpo, on lève le pouce et on attend. Au bout d’une heure, un peintre philosophe, désormais meilleur ami de Matthias, nous embarque dans sa « peuyo » 206 direction Santiago. C’était parti ! On a été sur la route toute la sainte semaine, sans caméras et avec un peu se sous en poche pour tricher et agrémenter notre périple de pisco sour tous plus fous les uns que les autres.


Premier jour, levé 8h, bus direction Buin, petit village à la sortie de Santiago : pas question de bouiner ! A peine nous aperçut-il que Gonzalo, respectable chauffeur de poid-lourd rêvait de nous inviter dans son engin pour 1h de question-réponses sans aucune compréhension mutuelle (discussion au cours de laquelle nos amis de Valpo nous ont paru parler un espagnol des plus limpides !). Il nous débarqua au bord du repère déjeuner de tous les routiers branchés, si branchés qu’aucun d’eux n’a daigné nous prendre pendant les 3h qui ont suivies, enfin si, mais seulement quand le hippie barbu qui m’a servi de compagnon de voyage était à plus de 10m derrière les buissons !


Le désespoir nous gagnait quand soudain Fernando, Ferni pour les intimes, est arrivé, lui et ses deux hôtesses blondes pulpeuses imprimées sur serviettes et tendues devant sa couchette. Après 1h de visite guidée de l’autoroute (ses publicités coca-cola, ses restau bicyclette, ses limitations de vitesses…), et ce sans sous-titres, il nous a délicatement déposé au bord d’une station service à l’entrée de Talca. Il faisait nuit, les gens du sud rôdaient, on a préféré prendre un bus jusqu’à Gorbea, au sud de Temuco.


A l’aube, on pose le pied dans ce hameau où deux locaux nous attendaient, le sourire aux lèvres, la main tendue, et le conseil à foison : revenir en arrière pour mieux avancer. Une micro et une ballade sur l’autoroute plus tard, on posait nos sacs sur la route de Villarica. A peine le temps pour Matthias d’aiguiser son pouce de guitariste que Rodrigo, charmant livreur de journaux, nos invitait dans sa camionnette direction Pucon. Enfin.

Notre première journée fut des plus productives : une sieste sur la plage de sable noir de la ville, un jus de fruit pressé au coucher du soleil et une soirée intimiste avec 50 gringos en voyage…Mais le meilleur était à venir : l’ascension du volcan Villarica.


Au loin, le volcan, notre but ultime, notre defi, notre raison de vivre


Des petits bateux sur la plage....au bord du lac...qui se reposent...


L'alchimie entre peau, mots, et mineraux



Le coucher du soleil


On a mis le sommeil à l’index avec un levé à 6h du matin. Semaine sainte ou terre sainte, on a pas bien compris, mais il y avait pleins d’israéliens. Leur rythme militaire nous a vite découragé et on s’est vite réfugié, avec un couple de chilien et un argentin, désormais nouveau meilleur ami de Matthias, derrière Mauricio, sage grimpeur du sud, dont l’activité quotidienne consiste en l’ascension de ce même volcan. Les crampons dans la neige et la tête dans les nuages, on a escaladé ce modeste cerro de 2800m les doitgs dans le nez, en les croisant pour que l’alerte rouge éruption ne se déclanche pas le volcan voisin qui refait des siennes depuis 2008. Arrivée au cratère, une grande bouffée d’air sulfureux nous a accueillis. L’occasion de quelques caustiques photos pour les deux rigolos que nous sommes, mais aussi, il faut l’avouer, d’un coup d’œil au magnifique panorama sur la région. Tout schuss le cul dans la neige, on a redescendu le tout en un claquement de doigts, et avec un peu mal au pieds. Après une douche salvatrice et un doigt de pisco, on a fait route vers les termes de Pozones et ses bassins d’eau chaude à 40°. On a refait le monde sous les étoiles, et en testant les capacités waterproof de l’appareil photo d’Ariel.


ouille j'ai mal aux pieds


Pause crampons


De l'optimisme de la jeunesse


Une grosse marade


On a retrouvé Jean Mineur

01 47 20 0001


Le cratère, attention à ne pas tomber dedans!!


Une vue imprenable, sauf pour un Canon Powershot


Bonne pioche!!


On se met au vert...


Une troisième grasse matinée avortée le lendemain : réveil à 7h tapantes pour Huerquehue, parc national aux brumes elfiques et aux lacs envoûtants. Problème majeur : on avait escaladé un volcan la veille. Que de douleurs quand il nous a fallu courir pour attraper le dernier bus de retour. Plus de gringos à notre retour au camping mais un couple de charmants québécois. On a partagé châtaignes et récits de voyage autour d’un feu.


Legolas qui joue a cache-cache


Ouille, j'ai mal aux pieds


Le lendemain, on a levé le pied et baissé le pouce pour aller sagement attendre, le cul dans l’herbe, notre bus du soir direction la maison : une journée pour vous conter nos aventures.


Merci à Matthias, co-rédacteur de cet article, et bien le bonjour.

mardi 24 mars 2009

Vu ce matin...

8h46. Cafeteria de la fac. Alors que, devant un the (sans sucre...), je maudis la prof d'avoir change l'heure du cours que je voulais essayer sans prevenir le service international (= lever 7h pour rien...dur quand ca fait 3 mois que ca ne vous ai pas arrive), j'entends : "Completooos!!".

Non!!...

Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas la dame derrière le bar qui previens ses clients que leurs completos sont prêts. Non, personne ne mange de hot-dog-avocat-tomate-ketchup-moutarde-mayo à 8h46 du matin. Non. Le soleil n'est pas encore completement leve. Ce ne sont pas deux chiliens qui là devant moi, degustent joyeusement ce petit bijou de gatronomie tout local...Non.
...SI!!

vendredi 20 mars 2009

Brazzzzzzzzzillllll.......CH

Si tu vaaaaaaas à Rioooooooooooooooooo, n'oublies pas de monter là hauuuuuuuuuuuut!
Il l'a chanté, je l'ai fait! ;-)

Oui, j'allais oublié un petit détail... Avant le retour à Valpo, il y a le Brésil. Un petit voyage d'une dizaine de jours (qui s'est en fait un peu prolongé...) avec Matthias tout juste rentré de Bolivie et Marie tout juste rentrée de France. Au programme: Rio de Janeiro, la Ihla Grande, Paraty, pas Sao Paulo (juste une grosse ville avec pleins de gens et donc pas d'un attrait hors du commun pour les touristes que nous sommes...), Florianopolis et sa toute voisine Ihla Catarina avant de finir, non pas par porto Alegre comme on l'avait prévu, mais par Iguazu, du côté argentin pour mes deux compères qui n'y étaient pas encore allées (et c'est pas quelque chose à louper!).

Fraichement débarquées à l'aéroport de Rio, Marie et moi devions attendre Matthias qui arrivait d'un autre avion. Il a finalement été retardé et n'est arrivé que le lendemain midi. Nous avons profité de notre première matinée toutes seules pour aller nous balader dans le quartier où se trouvait notre hotel: Santa Theresa. Quartier un peu à part de Rio, perché sur une colline, un peu bohème avec ses vieilles maisons coloniales mutlicolores, ses petits restos et magazins bobo. Un quartier qui s'annoncait sympa donc... Et il l'était! Un peu. Car quand on s'éloignede la rue principale, on est presque tout seul dans la rue. Si seul qu'un monsieur à moto se dit qu'il vous tiendrait bien compagnie l'espace d'un instant, et en profiterait bien pour vous piquer votre sac au passage! Et oui! Les guides l'ont dit, je l'ai vécu. Ce n'est pas une blague. Rio ca craint! Après m'être fait piquer ma pochette avec appareil photo (le deuxième, mon vieil appareil raporté par ma soeur de France), portable et sous, on a écourté la promenade et sommes tranquillement rentrées à l'hotel en attendant Matthias, notre garde du corp du fait de sa qualité de mâle (quoique cela ne soit en aucun cas un argument contre d'hypothétiques mecs armés).

Santa Theresa (je triche...photos d'une copine)

Idem

Notre hotel à Rio

Dès son arrivée, nous voilà partis pour le marathon du touriste à Rio. Ca commence par le pain de sucre, cette grosse pierre planté au coeur de la ville et qui offre un panorama imprenable. Une ville vraiment extraordinaire au sens su propre du terme. C'est une ville énorme mais plantée entre la mer et la montagne, ce qui donne une impression irréelle d'être en pleine nature. Dans les rues, il suffit de lever la tête pour voir la montagne, les arbres, et à l'horizon les plages. Car la mer ici, ne veut pas dire port, ca veut surtout dire plages de rêve au milieu des buildings: irréel, encore une fois! Une ville des extrêmes, ou la richesse cotoie la pauvreté extrème (désolée répétition...). Ca lui donne tout son charme. C'est étrange et magique à la fois...en tous cas c'est unique!

Depuis le pain de sucre (sur la gauche, plage de Copacabana)

LE pain de sucre

Au loin, le Chrit Redemteur qui sort des nuages...

Le soir, je retrouve le sourire avec un coucher de soleil sur la palge d'Ipanema...magnifique!

...bouche bée...

En bon touristes, on a aussi grimpé (en voiture) jusqu'au Christ Rédempteur, cette immense statue du Christ écartant les bras en signe de pardon, perché sur une immense montagne surplombant toute la ville: pas mal!!

Depuis le christ redempteur (au loin le pain de sucre)

Touriste...

Après un pti tour et un pti bain sur la mythique plage de Copacabana, on a retrouvé Vanessa, une copine française en stage là-bas, qui nous a emmenés découvrir Rio by night. Et la nuit, Rio, c'est à Lapa. Ancien quartier très défavorisé et maxi craignoss, mais qui est devenu au fil des années the place to be la nuit. Les bars, boites et restos s'y multiplient pour faire sortir le quartier de l'exclusion. Et ca marche. Toute la population de la ville s'y retrouve le vendredi soir pour faire la fête à la brésilienne, jusqu'au bout de la nuit sur des rythmes fous!! On est allées dans un magnifique club de samba. 4 étages, une déco magnifique, une musique très sympa et des filles qui dansent sans s'arreter. C'est à couper le souffle! Elle ne bougent pas le haut du corps, mais leur jambes tricotent à une allure impressionante! Ma voisine de dancefloor a voulu m'apprendre: j'ai compris l'idée mais il faudra encore quelque scéance pour atteindre le top niveau!!

Rentrée tard...départ tôt pour la Ihla Grande. Notre bus est à 5h, il faut partir à 4. On dort à peine et saute dans un taxi direction le terminal. La fête bat encore son plein à Lapa. Et la fête c'est comme tout ici, extrême. C'est à dire que, en descendant la rue en taxi, on croise a quelques mètres d'écart, deux scènes que j'aurais préféré ne jamais voir de ma vie, à savoir deux prostituées au travail entre les voitures....glam!

Quelques heures de bus + bateau plus tard, on débarque sur la Ihla Grande (prononcé Ihla grandjjjjji...rha le portugais!). Vanessa nous l'avait décrite comme l'île de rêve, la bulle, le petit paradis sur lequel on oublie tout. Elle avait raison. Notre hotel: un hâvre de paix au coeur de la jungle, tenu par un français qui nous raconte comment il a abandonné sa vie de trader parisien pour venir retrouver la femme qu'il aime au Brésil. Un peu quéqué le mec, mais qui avait l'avantage de nous réveiller le matin avec un reggea sympathique, donc on lui pardonne...
Qu'est-ce qu'on a fait à Ihla Grande?....RIEN!! Enfin j'exagère, on a quand même pas mal escaladé pour pouvoir acceder à la playa Lopez Mendez, son sable blanc et son eau cristalin: une des plus belles du monde parait-il. Je valide. Voyez plutôt:


Notre hotel entre les branches

Playa de Lopez Mendez....

Notre route nous menait ensuite vers Paraty (prononcé ParatCHi), petit village colonial tout mignonet avec ses petites rues pavées par les esclaves et ses maisons de toutes les couleurs. On y est resté peu, juste le temps de profité un peu de la ville et de notre hotel face à la mer...

Paraty

Puis il fut temps de partir, de continuer la route vers le sud, vers la Ihla Catarina. Après deux jours au nord où on croise presque plus d'argentins en vacances que de brésiliens, on a quitté l'ambiance station balnéaire (et par la même notre appartement de location avec des cafards dans la cuisine) pour le sud de l'île, plus sauvage! Là encore on a mérité notre plage. 1h30 de rando pieds nus dans la boue pour arriver sur cette plage de rêve et sans presque personne (à part quelques surfeurs). Bonheur!! Nos pieds n'étant pas d'accord par un retour par voie terrestre et l'horaire aidant, on a pris un bateau pour rentrer. Tous en gilets!

Rando direction la plage

Notre but..ca redonne la motivation!

Les pieds dans le sable...

Retour en bateau

Matthias est heureux...
On a ensuite fait route pour notre dernière étape: Iguazu, afin que mes deux compagnons de voyage puissent aller admirer les chutes pendant que je me prélassait toute la journée au bord de la piscine d'un hotel, les fesses dans un hammac et un bouquin à la main.

Un pti cliché d'Iguazu, ca fait pas de mal...

Puis ce fut la vraie fin, le retour à BA, les adieux à Claudia et à tout ce que j'ai vécu pendant 2 mois là bas avant de remonter dans le bus direction Valpo. Mais on est d'accord, le tout pour un nouveau départ, nouveau semestre, nouvelles têtes à rencontrer, nouvel appart à trouver, et 4 mois pour profiter du tout...avec en plus dans la tête les images d'un magnifique voyage au Brésil!!!!